domingo, 28 de febrero de 2016

Le théâtre grec

La tragédie grecque – une célébration publique :
Elles étaient représentées dans le cadre de concours dramatiques en l’honneur de Dionysos, reconnu par les Grecs comme le dieu du théâtre : à l’origine, le mot tragédie désigne le  » chant du bouc  » que l’on sacrifiait au dieu. Trois grandes fêtes étaient organisées : les Lénéennes, les Dionysies rurales et les Dionysies urbaines ou  » Grandes Dionysies « . Chacune correspondait à un type de célébration particulier, mais c’est surtout la dernière qui était de grande envergure et où la tragédie avait une part privilégiée. Elle participa à la renommée d’Athènes dans le monde grec.

Les Grandes dionysies, voulues par Pisistrate, se déroulaient sur plusieurs jours et avaient lieu à la fin du mois de mars, c’est-à-dire à une période de renouveau de la nature et où Athènes voyait aussi revenir les voyageurs. Elles s’ouvraient, le premier jour, sur une grande procession solennelle en l’honneur de  » Dionysos « . Toute la cité y participait, jusqu’aux prisonniers, qui étaient relâchés sous caution ! Durant les deuxièmes et troisième jours, un concours de dithyrambes (poèmes lyriques à la louange de Dionysos) était organisé entre les chœurs d’hommes et de jeunes garçons des dix tribus de la cité. Enfin, au cours des quatre derniers jours,  un concours dramatique avait lieu, se divisant en trois jours consacrés à la tragédie, suivis d’un dernier consacré à la comédie.

– La tragédie. Faisant jouer trois acteurs face à un chœur, la tragédie évoque la destinée de l’homme et sa confrontation avec les Dieux. C’est à Athènes et lors du siècle suivant qu’elle va devenir le genre littéraire majeur, l’aspect politique prenant peu à peu le dessus sur le caractère religieux. Eschyle, Sophocle et Euripide en seront les principaux représentants au Vème siècle avant J.C.
Certaines situations se retrouvent dans la plupart des tragédies. Ce sont ce que l’on appelle des  » scènes typiques « , qui sont au nombre de trois :
la supplication : elle consiste en une prière adressée à une divinité ou d’une personne à une autre. Elle peut ne constituer qu’un élément d’une tragédie ou en être l’intrigue.
la reconnaissance : ce type de scène a été définie par Aristote dans saPoétique : c’est, selon lui,  » le renversement qui fait passer de l’ignorance à la connaissance, révélant l’alliance ou l’hostilité entre ceux qui sont désignés pour le bonheur ou le malheur « . C’est donc en quelque sorte un revirement de situation où la révélation- coup de théâtre concerne l’identité d’un personnage.
le récit de messager : le messager est un lien entre le monde extérieur et le monde où a lieu la tragédie. Il fait un récit de ce qu’il a vu et ce qu’il dit a valeur de vérité. Sa parole a une dimension épique, de part l’exagération, l’emploi de métaphores et d’antithèses : son intervention est un moment fort de le pièce.
– La comédie,  qui représente surtout les conflits familiaux. Elle se caractérise par des intrigues ayant toujours trait à la vie de la cité. Dans Les Acharniens, La Paixou Lysistrata, Aristophane prend parti pour la paix pour mettre fin à la guerre du Péloponnèse ; dans Les Guêpes, il dénonce les effets pervers des institutions judiciaires athéniennes. On évoque (souvent pour les brocarder) des personnalités contemporaines, qui peuvent même apparaître sur scène. Ainsi, le démagogue Cléon est ridiculisé à longueur de pièce par Aristophane (dans Les Babyloniens,Les Cavaliers, etc.) tandis que Socrate apparaît en personne dans Les Nuées.
Elle se compose canoniquement comme suit :
prologue où le héros est présenté ;
entrée en fanfare du chœur, qui chante et danse ;
au sens propre lutte : c’est un combat de gueule, un affrontement burlesque entre le héros et son ou ses adversaires, arbitrée par le coryphée (chef du chœur), qui s’achève par le triomphe du héros ;
intermède où le coryphée, rompant l’illusion théâtrale, s’adresse aux spectateurs pour délivrer un discours de politique générale ou plus prosaïquement faire la publicité de l’auteur, souvent aux dépens des concurrents :
divers épisodes où le héros célèbre sa victoire ;
sortie du chœur et triomphe du héros, dans une farandole endiablée.

L’inventivité de l’auteur prime avant tout, et le public, à l’origine fait de paysans et vignerons réunis pour les Dionysies rurales, ne fait guère le délicat : plaisanteries obscènes ou scatologiques, caricatures grossières, accessoires phalliques, tout lui est bon. L’illusion comique reste faible, les protagonistes faisant souvent ouvertement allusion aux divers « trucs » de théâtre : Trygée, héros de La Paix, volant vers l’Olympe monté sur un bousier, supplie le machiniste manœuvrant la grue de faire attention. Dicéopolis, héros des Acharniens, suggère à Euripide d’emprunter l’eccyclème pour apparaître sans sortir de chez lui : cette sorte de plateau horizontal, demi-circulaire et mobile, tournant autour d’un pivot vertical dans le mur du fond du théâtre, était destiné à montrer ce qui se passait à l’intérieur d’une maison.
Les acteurs portaient un costume et un masque, même si ce n’est pas un masque de tragédie, mais de comédie. Ce dernier, en cachant le visage, permettait les changements de rôle ainsi que l’identification rapide des personnages. Le costume était constitué d’une robe à manches longues, qui descendait jusqu’aux pieds et était richement brodée et décorée. Les acteurs portaient des sandales ( à ne pas confondre avec les cothurnes, ces chaussures à hautes semelles destinées à grandir les acteurs, mais qui n’existaient pas au cinquième siècle).


Le déroulement de l’action n’est pas très réaliste car la machinerie est très rudimentaire. Cependant un certain nombre de dispositifs mécaniques concouraient à l’intelligence de la pièce : l’encyclème, qui amenait sur la scène des personnages censés être à l’intérieur de la maison ; une machine (mèkanè – machina en latin) mise en mouvement par une poulie et une corde , permettait à un personnage de monter au ciel (cf. Médée) ou à un dieu d’apparaître pour réciter une tirade (d’où l’expression « deus ex machina » qui signifie l’intervention soudaine d’un dieu dans l’action) ; le bronteion, baril plein de pierres qui roulaient sur une feuille de métal pour imiter le bruit du tonnerre, etc.

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