Les personnages
Octave César Auguste. Neveu adoptif de Jules César,
empereur romain. Arrivé légitimement au pouvoir absolu, il se demande néanmoins
s'il devrait abdiquer pour rendre à Rome son statut de république.
Cinna. Favori d'Auguste, il se considère pourtant comme
son ennemi en tant que petit-fils de Pompée, l'adversaire malheureux de César
lors de la guerre civile, qui avait péri assassiné. En fait, la conjuration
qu'il organise contre son protecteur résulte surtout de la volonté de vengeance
de celle qu'il aime, Emilie
.
Emilie. Fille de Toranius, ancien tuteur d'Auguste
éliminé lors d'une purge, elle veut absolument tirer vengeance de l'empereur,
qu'elle considère comme l'assassin de son père, et alors même qu'il l'a
finalement adoptée. Elle compte utiliser l'amour que lui porte Cinna (et
qu'elle partage) pour accomplir son but, en se refusant à celui-ci tant qu'il
n'aura pas tué Auguste.
Maxime. Conseiller d'Auguste. À la fois ami et rival de
Cinna, il participe à la conjuration surtout par amour pour Emilie, et son
manque de conviction profonde le poussera à trahir ses associés.
Livie. Femme d'Auguste. Elle n'apparaît que très
brièvement à la fin de la pièce pour livrer une vision prophétique de la gloire
de l'empereur.
Fulvie. Confidente d'Emilie.
Polyclète. Affranchi d'Auguste (ancien esclave libéré
resté au service de son maître).
Evandre. Affranchi de Cinna.
Euphore. Affranchi de Maxime
Résumé : Cinna ou la Clémence d’Auguste de Corneille (1641)
Émilie, fille de Toranius, aspire à venger la mort de son
père, tuteur d’Auguste, et proscrit par lui durant le triumvirat. Cinna,
petit-fils de Pompée, aime Émilie, et, pour lui plaire, trame contre Auguste
une conjuration dans laquelle il fait entrer les plus illustres républicains
échappés aux proscriptions. Il vient rendre compte à Émilie de l’état de cette
conjuration, dont il est le chef avec Maxime, lui annonce que tout est prêt, et
que dès demain le tyran doit tomber sous leurs coups. À peine finit-il ce
récit, qu’un ordre arrive, pour lui et pour Maxime, de se rendre chez
l’empereur. La conjuration est découverte, on n’en saurait douter. Néanmoins,
il n’y a pas à hésiter, il faut aller à ce redoutable rendez-vous ; ils s’y
rendent. Là, ils ne tardent pas à reconnaître que leurs alarmes étaient vaines
: le prince, fatigué du pouvoir, des travaux qu’il lui impose, des dangers
qu’il lui suscite, désire rentrer dans la vie privée. Il a voulu auparavant
consulter Maxime et Cinna sur un acte aussi important, et il leur demande leur
avis. Cinna lui conseille de garder l’empire ; Maxime l’en dissuade. Cinna
insiste, en disant que Rome ne peut être heureuse qu’avec un maître. Auguste
cède à ce dernier avis, et sort pour en porter la nouvelle à Livie. Maxime,
demeuré seul avec Cinna, lui demande pourquoi conspirant pour rendre la liberté
à Rome, il n’a pas saisi l’occasion d’atteindre ce but en conseillant à
l’empereur de quitter le pouvoir. Cinna lui répond qu’il ne faut jamais qu’un
tyran demeure impuni, et que même l’abdication ne doit pas être pour lui un
moyen de salut.
La main d’Æmilie doit être le prix de la mort d’Auguste.
Maxime vient de l’apprendre, et comme il aime aussi Æmilie en secret, il voit
que le succès de la conjuration livrera son amante à son rival. Alors la
jalousie lui inspire l’idée de révéler la conjuration à l’empereur. Cependant
Cinna, revenu de sa première fureur, et ayant réfléchi à la confiance et à la
bonté qu’Auguste vient de lui témoigner, hésite à poursuivre son entreprise :
il a honte d’immoler Auguste comme un tyran, après lui avoir conseillé de
retenir l’empire. D’ailleurs par lui Rome est glorieuse et respectée. De plus,
ce prince a pour Émilie des sentiments de père, il veut l’unir avec Cinna :
est-il d’une belle âme de se montrer ingrate aux bienfaits ? Mais Émilie, loin
de se sentir touchée de ces objections, se révolte à l’idée d’appartenir à
Cinna par la volonté d’Auguste, et fait à son amant de si cruels reproches sur
son changement de volonté, qu’il lui promet d’immoler le tyran, ainsi qu’il s’y
est engagé ; mais il ajoute qu’ensuite, pour recouvrer l’honneur qu’il aura
perdu par cette action, il tournera son épée contre lui-même.
Maxime a mis à exécution son idée de révélation.
Euphorbe, son affranchi, a, suivant ses ordres secrets, dévoilé toute la
conjuration à l’empereur. Auguste, irrité, hésite sur le parti qu’il prendra,
s’il quittera le pouvoir, ou s’il sévira contre les coupables. Au moment où il
flotte dans ces perplexités, Livie, sa femme, instruite de tout, lui vient
offrir ses avis. Elle le dissuade de quitter l’empire, l’invite à essayer de la
clémence, lui rappelle que la rigueur n’a servi jusqu’à présent qu’à faire
naître conjuration sur conjuration, et que la douceur sera le meilleur moyen
d’affermir son pouvoir. Mais Auguste, encore ému de colère, craint que s’il
écoute ce conseil on ne l’accuse de faiblesse ; il sort sans avoir rien décidé,
et Livie le suit.
Émilie sait déjà que la conjuration est découverte ;
Maxime vient le lui confirmer. Il lui annonce qu’elle va être arrêtée, et en
même temps lui propose de fuir. Elle réplique que tout conjuré doit mourir avec
Cinna, et qu’elle leur en donnera l’exemple. Maxime alors lui avoue qu’il
l’aime, et qu’il aspire à lui tenir lieu de Cinna ; mais la fière Romaine
rejette ses vœux avec indignation, et Maxime, trompé dans son espérance, est au
désespoir d’avoir trahi son ami.
Auguste, depuis son entretien avec Livie, revenu à des
sentiments plus calmes, a mandé Cinna. Enfermé seul avec lui, il commence par
lui rappeler les bienfaits dont il l’a comblé, la confiance qu’il lui a
témoignée : « Et, pour m’en récompenser, ajoute-t-il, tu veux m’assassiner. »
Alors, il lui détaille de point en point toute la conjuration. Cinna, atterré,
avoue son crime. Émilie, suivant le dessein qu’elle a annoncé, veut partager le
sort de son amant, et vient elle-même se dénoncer comme complice de Cinna.
Auguste, cruellement affligé de cette nouvelle révélation, dompte néanmoins son
juste ressentiment, pardonne à tous les coupables, et unit Émilie et Cinna.
Livre en
PDF...http://www.theatre-classique.fr/pages/pdf/CORNEILLEP_CINNA.pdf
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