Voici la video du projet final.
Littérature 3
lunes, 25 de abril de 2016
miércoles, 16 de marzo de 2016
viernes, 11 de marzo de 2016
Un auteur-acteur célèbre et contesté
À la différence de Corneille et de Racine, Molière écrit
ses pièces en praticien du théâtre. Il conçoit ses histoires et ses répliques
pour lui-même et pour des acteurs qu’il connaît et qu’il va diriger. Tout en
étant un véritable écrivain, maître des subtilités du langage et créateur de
formules, il pense – plus qu’un poète travaillant dans la solitude de son
bureau – à la façon dont les répliques seront dites par les comédiens et au jeu
qui accompagnera la diction du texte.
De fait, Molière n’a écrit que du théâtre, à l’exception
des préfaces qui précèdent l’édition de certaines de ses pièces, de son
Remerciement au roi(1663) et de son hommage au peintre Mignard, la Gloire du
Val-de-Grâce(1667). C’est un acteur-auteur comme l’était Shakespeare avant lui.
Il est l’auteur, selon la nomenclature en usage, de 2
farces, 22 comédies, 7 comédies-ballet, 1 tragédie-ballet, 1 « comédie
pastorale héroïque » et 1 « comédie héroïque ». Dom Garcie de Navarre, en 1661,
l’une de ses très rares tentatives dans le genre sérieux fut un échec.
Il a écrit tantôt en vers, tantôt en prose. Les acteurs
d’alors préféraient les vers, plus faciles à retenir. Mais écrire en alexandrins
demande un travail de plus longue haleine. Quand il était pressé, Molière
écrivait en prose, comme pour ses farces, pour Dom Juan ou l’Avare.
Molière dans le rôle d'ArnolpheMolière dans le rôle
d'Arnolphe
Qu’il soit rimé ou en prose, son style a naturellement
évolué d’année en année, et sa conception de la comédie également. Sans perdre
le goût des pitreries venu de la contemplation des bateleurs qu’il voyait dans
son enfance, Molière a peu à peu intégré des préoccupations personnelles, des
plaidoyers pour la liberté de ceux qui s’aiment et des questions
philosophiques, tout en revendiquant le souci de la vérité, « Il faut peindre
d’après nature ». En même temps, sa satire se focalisait sur le milieu mondain
et intellectuel, les ambitieux, les médecins et les faux prêcheurs de vertu.
Molière est-il alors devenu, au fil des années, un auteur
plus tragique que comique ? C’était le point de vue d’Alfred de Musset qui,
dans son poème Une soirée perdue (1850), admire chez lui « une mâle gaîté, si
triste et si profonde que, lorsqu’on vient d’en rire, on devrait en pleurer ».
Mais cet avis porte la marque des années du romantisme, où l’on aime à
privilégier une vision noire de l’Histoire et de la vie. Jusque dans sa
dernière pièce, le Malade imaginaire, Molière défia l’esprit de sérieux par la
bouffonnerie et la satire, fidèle à la mission qu’il définissait ainsi dans la
Critique de l’École des femmes : « C’est une étrange entreprise que celle de
faire rire les honnêtes gens ».
Molière acteur
Molière en habit de SganarelleMolière en habit de
Sganarelle
Comme acteur, il était un interprète exceptionnel. Il a
joué les grands rôles qu’il avait conçus pour lui : Harpagon (l’Avare), Alceste
(le Misanthrope), Dom Juan… Il a été un incomparable acteur de comédies mais il
a aussi joué des tragédies.
De nombreux témoignages et travaux d’historiens rendent
compte de son talent de bête de scène. Lorsqu’il joue Mascarille dans les
Précieuses ridicules, il « entre en piste, clown au masque rubicond sous la
monstrueuse perruque couronnée du minuscule chapeau décrit par Mademoiselle Des
Jardins, engoncé dans ses flots de rubans et sa tuyauterie de canons,
glapissant dans sa chaise, secoué par ses porteurs, littéralement versé sur la
scène, il roule, se redresse, se trémousse, fait le brouhaha sur la scène et
dans la salle » (Molière, une vie, Alfred Simon, 1987).
Racine
Poétique de Racine
— Tandis que Corneille paraît toujours ressentir un
secret dépit contre Aristote et ses commentateurs, Racine semble ne regarder
les règles de la tragédie que comme les conditions nécessaires du genre. Cela
tient à ce que la « crise morale » à laquelle Racine réduit toute sa pièce
acquiert par les trois unités, loin d'en être gênée comme les actions
historiques et implexes de Corneille, plus de concentration et de force.
— Racine choisit ses sujets dans la légende grecque ou
romaine : une fois, dans Bajazet, il s'inspire d'un fait contemporain, mais
lointain : deux fois, il a recours à la Bible.
— Tout son effort vise à rendre ce sujet vraisemblable :
c'est-à-dire, étant donné un certain dénouement tragique fourni par la
tradition, à le montrer, à le rendre nécessaire, par l'analyse approfondie des
passions humaines qui l'ont produit. Aussi l’action, en elle-même, est-elle
très simple. Entre l’exposition et le dénouement, aucun événement nouveau :
rien que le jeu des sentiments. C'est ce que Racine appelle : « faire quelque
chose de rien. »
— L'amour est, de toutes les passions, celle qui tient le
plus de place dans les pièces de Racine. Mais, pour ne pas tomber dans la
galanterie à la mode, Racine ne manque jamais de peindre l’amour jaloux. La
jalousie est le grand ressort tragique de son théâtre, comme la volonté celui
du théâtre de Corneille. Cependant, Racine n'a pas moins réussi dans l'analyse
de l'ambition politique, de l'amour maternel, de l'amour ingénu : mais, en
général, c'est l'amour tragique et jaloux qui mène l'action et qui provoque le
dénouement.
— De là, l'impression de vérité et de tristesse que
laisse le théâtre de Racine. Corneille, en exaltant l'énergie et la volonté,
nous amène à prendre confiance en nos propres forces ; Racine, en nous présentant
un Pyrrhus, un Oreste, une Hermione, une Roxane, un Mithridate, une Ériphile,
une Phèdre, jouets et victimes de passions violentes et cependant
vraisemblables, nous oblige à faire un retour sur notre faiblesse. Seule la
dignité des personnages et le recul de l'action peuvent rassurer les
spectateurs : à la lecture, nous sentons que cette tragédie serait, en
changeant les temps et les noms, le drame moderne réaliste et bourgeois.
Racine prosateur
— De Racine, nous avons des lettres de jeunesse, écrites
d’Uzès ; (1661-62), celles qu'il adresse à Boileau (1687-99), et enfin de
nombreuses lettres à son fils aîné. Elles sont toutes aussi attachantes par le
fond que par la forme.
Outre les lettres, nous avons de Racine un Abrégé de
l'histoire de Port-Royal, ouvrage qu'il composa vers la fin de sa vie, et qui
ne fut publié qu'au XVIIIe siècle : c'est un admirable mémoire d'avocat ; le
style en est simple, naturel, et d'une sincérité qui atteint souvent la grande
éloquence.
— D'autre part. Racine nous a laissé quelques fragments
de son Histoire de Louis XIV ; la plus grande partie de cet ouvrage, composé en
collaboration avec Boileau et Valincour, fut détruite par un incendie.
— Enfin, parmi les discours académiques de Racine, il
faut citer celui qu'il prononça à la réception de Thomas Corneille (1684).
Jamais on n'a mieux parlé du grand Corneille.
Style de Racine
Le style de Racine, auteur tragique, donne en général une
impression d'harmonie, de justesse, de naturel. Mais c’est au théâtre qu’il faut
le juger. Là on s’aperçoit que le style de Racine est plus varié que celui de
Corneille : chaque personnage y parle le langage de son caractère et de sa
situation. Dans les passages d'exposition ou de galanterie, il y a parfois trop
d'élégance, ou du moins on la sent : dans les scènes où le poète fait parler la
passion toute pure, c'est la nature même que l'on croit entendre, et jamais
aucun poète n'a réalisé à ce point l’art de se l'aire oublier lui-même.
[Source : Charles-Marc Des Granges, Les Grands écrivains
français des origines à nos jours, Librairie Hatier, 1900]
jueves, 10 de marzo de 2016
Bérénice de Racine (1670)
Résumé:
Bérénice, reine de Palestine, est secrètement recherchée
en mariage par Antiochus, roi de Comagène, à l’époque où Titus vient mettre le
siège devant Jérusalem. Celui-ci la voit, l’aime et, lorsqu’il est vainqueur,
l’emmène avec lui à Rome dans le dessein de l’épouser. Antiochus suit la reine
et continue à la voir sous le voile de l’amitié, espérant toujours que quelque
obstacle imprévu viendra traverser les projets de mariage de son rival. Son
espoir n’est pas trompé. Le sénat vient faire connaître à l’empereur que les
Romains se refusent à accepter une étrangère pour impératrice. Titus se voit
donc forcé, à son grand regret, de sacrifier son amour à son ambition ; mais
n’ayant pas la force d’annoncer lui-même cette résolution à Bérénice, il charge
Antiochus de cette douloureuse mission. Bérénice, qui a de la peine à y croire,
accourt, pour s’en assurer, dans l’appartement de l’empereur et y rencontre le
Sénat qui vient féliciter Titus de la rupture de son mariage. Elle s’éloigne
aussitôt, résolue à se donner la mort ; mais bientôt, assurée de l’amour de
Titus et ne voulant pas compromettre son autorité, elle prend la généreuse
résolution de quitter l’Italie avec Antiochus dont elle n’encourage pas
néanmoins les espérances.
Le grand défaut de Bérénice est plutôt dans le choix du
sujet que dans la manière dont le poète l’a traité. Racine s’est efforcé de
suppléer au manque d’action et l’on est étonné qu’il ait pu tirer cinq actes
d’une situation si uniforme et si peu tragique ; il a créé le personnage
d’Antiochus, mais on sent que ce personnage n’est qu’un remplissage. Le mérite
de Bérénice est surtout dans le style qui est enchanteur.
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