domingo, 28 de febrero de 2016

L'Avare

Comédie de Molière, en cinq actes et en prose (1668), sur la trame de l'Aulularia de Plaute : la passion de thésauriser est devenue une manie obsessionnelle qui relève moins de la condamnation morale que de l'étude clinique de la folie.

Âgé, riche et le cœur sec, Harpagon impose la loi de son avarice forcenée à sa famille et à sa domesticité. Ses enfants et Valère, le jeune homme amoureux de la fille de la maison, Elise, se débattent contre tant de dureté et essaient soit de le faire changer d’attitude soit de le tromper en feignant d’entrer dans son jeu de chef de famille intraitable. Valère s’est fait passer pour majordome et s’est ainsi introduit dans la maison, en adoptant la tactique de flatter outrageusement Harpagon.
                        
Bien des occasions de conflit surgissent : Harpagon veut se marier à une jeune femme, Mariane, dont son propre fils, Cléante, est amoureux ; le père et le fils se disputent donc la même femme, qu’une entremetteuse Frosine promet au premier dans l’espoir d’une récompense financière illusoire. À court d’argent, Cléante a contacté un usurier par l’entremise du valet La Flèche. Cet usurier s’avère être Harpagon !

À chaque fois, les enfants sont victimes de leur père, lequel rêve toujours de mariage et a fait préparer une réception à l’intention de Mariane en demandant à son cuisinier de préparer les plats les moins coûteux. Mais, au cours de cette réception, Harpagon apprend que sa cassette contenant dix mille écus d’or et enterrée dans le jardin vient d’être volée. Il ne pense plus qu’à son argent et accuse tous ceux qui l’entourent. En fait, le vol a été commis par La Flèche qui a agi en connivence avec Valère.

À partir du moment où la cassette est restituée et la viabilité des alliances assurée, – un coup de théâtre révèle que les promis des autres familles, sauvés d’un naufrage lointain, appartiennent à des lignées fortunées –, Harpagon retrouve sa tranquillité et sa solitude. « Allons vite faire part de notre joie à votre mère », dit Anselme – un riche ami de la famille qui s’est avéré à la fois le père de Mariane et de Valère, « Et moi, voir ma chère cassette », répond Harpagon.


Ce chef-d’œuvre, qui a cependant le défaut de comporter un dernier acte aux péripéties invraisemblables, contient certaines des répliques les plus célèbres du théâtre français. Telles que : «  La peste soit de l’avarice et des avaricieux  », dit par La Flèche, « Qui se sent morveux, qu’il se mouche », dit également par La Flèche, et les exclamations furieuses et délirantes d’Harpagon (« Je veux faire pendre tout le monde. Et, si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après. »).

Le Malade imaginaire

Comédie mêlée de musique et de danse en 3 actes et en prose de Molière (1673), qui mourut après la quatrième représentation.

Argan est un « malade imaginaire » et, en conséquence, un homme qui ingurgite un grand nombre de médicaments. Il compte le nombre de ses potions et lavements en se réjouissant de leur efficacité. Il se sent éternellement malade, mais plus encore quand il a pris moins de médecines. Il n’a que faire des quolibets de sa servante, Toinette, et projette de marier sa fille Angélique au fils d’un de ses médecins, Thomas Diafoirus. Il pourra ainsi être encore mieux soigné !

Lui-même, remarié à Béline, se montre aussi crédule face à elle que face aux personnes qui se chargent de sa santé. Celle-ci, égoïste et profiteuse, veut déshériter les enfants d’Argan et il s’apprête à accepter une disposition juridique dans ce sens. La jeune Angélique s’est en fait promise à Cléante qui hante la maison et qui, s’étant fait passer pour le remplaçant du maître de musique, assiste aux compliments ridicules que Thomas Diafoirus fait à Angélique. Avec Cléante et Toinette, la résistance aux dangereux projets d’Argan commence à s’organiser.

Le frère d’Argan, Béralde, arrive avec l’espoir de freiner tant de folies et de lubies. Il tente de le raisonner Argan et chasse les médecins cupides. Argan se voit privé de tous ses soutiens et reçoit alors le premier médecin venu : c’est Toinette qui, déguisée en homme de l’art, explique la plupart des douleurs par une seule cause : « le poumon ». Pour ouvrir enfin les yeux de son frère, Béralde lui conseille de simuler la mort. Devant son corps inerte, Béline se réjouit de cette disparition, qui va lui permettre de s’emparer de l’argent gardé dans la maison, et, au contraire, Angélique se désole. Argan cesse son jeu. Béline s’enfuit. Angélique est récompensée par l’accord donné à son mariage avec Cléante.

Toujours convaincu d’être malade, Argan décide de devenir médecin : il est accueilli parmi un chœur de chirurgiens et autres apothicaires qui le nomment médecin, en dansant et en chantant des couplets écrits dans un cocasse latin de cuisine… Ce faux latin du chœur final est d’une grande drôlerie. « Clisterium donare, / Postea seignare, / Ensuitta purgare. », chantent les bacheliers. Molière s’amuse mais il accuse à nouveau les médecins de faire mourir leurs patients. « Novus doctor (…) et manget / et bibat / et sienget / et tuat », conclut le chœur.


Molière, qui va mourir peu de temps après la création de la pièce, défie une dernière fois le corps médical. Bien des commentateurs voient dans cette pièce le pressentiment de l’issue fatale et une tonalité angoissée. Il n’empêche que l’œuvre est, dans son rythme et dans l’alternance de ses scènes, conçue comme une fête ; de fait, quand elle jouée dans sa totalité – ce qui est rare –, c’est une comédie-ballet ; elle résonne comme un immense éclat de rire.

Chronologie des pièces principales de Molière

1659 : les Précieuses ridicules, comédie.
1662 : l'École des femmes, comédie.
1663 : la Critique de l'École des femmes, comédie.
1663 : l'Impromptu de Versailles, comédie.
1664-1669 : Tartuffe, comédie.
1665 : Dom Juan, comédie.
1666 : le Misanthrope, comédie.
1666 : le Médecin malgré lui, comédie.
1668 : Amphitryon, comédie.
1668 : George Dandin, comédie.
1668 : l'Avare, comédie.
1669 : Monsieur de Pourceaugnac, comédie-ballet.
1670 : le Bourgeois gentilhomme, comédie-ballet.
1671 : les Fourberies de Scapin, comédie.
1671 : les Femmes savantes, comédie.

1673 : le Malade imaginaire, comédie mêlée de musique et de danse.

Horace de Corneille (1640)

Au moment où commence la tragédie, nous sommes introduits dans la famille d’Horace, vieux chevalier romain, père de trois fils, dont l’un a épousé Sabine, sœur de Curiace, patricien d’Albe. Un nouveau mariage doit rapprocher encore les familles romaines et albaine : Curiace est fiancé à Camille, fille du vieil Horace. Mais Albe et Rome sont en guerre, et cet événement retarde l’union projetée. Cependant Curiace vient annoncer à sa fiancée que les chefs d’Albe et de Rome, sur le point de livrer une bataille qui devait être décisive, ayant horreur du sang qui allait être versé, ont résolu de finir cette guerre par un combat de trois contre trois. Camille reçoit avec transport un si heureux nouveau. Les trois Horaces sont choisis par Rome pour défendre ses destins. Curiace félicite l’aîné des trois de cet honneur, en se plaignant néanmoins de ce qu’il faut que ses beaux-frères périssent, ou qu’Albe, sa patrie, devienne sujette de Rome. Presque au même instant on lui vient annoncer qu’Albe l’a choisi, lui Curiace, avec deux de ses frères, pour être ses combattants. Sa douleur est au comble. Sabine et Camille se montrent aussi plus alarmées que jamais. Horace et Curiace s’arrachent d’auprès d’elles et partent pour le combat.

Les deux armées, en les voyant paraître, s’émeuvent à l’idée que des personnes si proches vont combattre ensemble, et un sacrifice est fait pour consulter la volonté des dieux. L’espérance renaît dans le cœur de Sabine, tandis que Camille n’augure rien de bon. En effet, le vieil Horace vient leur apprendre que les combattants sont aux mains. Peu d’instants après, la nouvelle se répand que deux Horaces sont tués, que le troisième est en fuite, et que les trois Curiaces sont demeurés maîtres du champ de bataille. Camille pleure ses deux frères, mais ressent une secrète joie de la victoire de son amant. Sabine, qui ne perd ni ses frères ni son mari, apprend cette nouvelle avec un esprit plus calme. Mais l’épouvante la saisit aussi quand elle entend les menaces que le père des Horaces profère contre son fils : ce vieillard, uniquement touché des intérêts de Rome qui va devenir sujette d’Albe, jure qu’avant la fin du jour il aura lavé dans le sang de son fils la honte des Romains.

Sur ces entrefaites, un envoyé de Tulle, roi de Rome, vient annoncer au vieil Horace la victoire de son fils, dont la fuite n’était qu’un stratagème pour vaincre les trois Curiaces, qu’il a exterminés l’un après l’autre. À peine cette dernière victoire est-elle connue, que le vainqueur arrive avec les trophées de sa triple victoire. Camille, qui ne voit dans le triomphe de son frère que la perte de son fiancé, tombe dans une affreuse douleur, éclate en cris d’indignation contre Rome et maudit la victoire d’Horace. Ce dernier entre en fureur contre celle qui ose pleurer le triomphe de sa patrie, et, oubliant que Camille est sa sœur, il tire son épée et la lui plonge dans le sein. Horace ne tarde pas à se repentir de ce meurtre : il en a honte et prie son père de l’en punir.

Cependant Valère, chevalier romain, amant de Camille, vient demander au roi Tulle justice du crime dont Horace s’est rendu coupable. Le roi, après avoir entendu l’accusation, ordonne au coupable de se défendre. Horace répond que toute défense est inutile, que son crime est avéré, et qu’il est prêt à mourir. Alors le vieil Horace plaide la cause de son fils d’une manière si éloquente que le roi Tulle pardonne au vainqueur des Curiaces, en déclarant que les lois doivent se taire devant l’immense service que ce généreux Romain vient de rendre à la patrie.



Livre en PDF ...http://www.theatre-classique.fr/pages/pdf/CORNEILLEP_HORACE.pdf

Cinna


Les personnages

Octave César Auguste. Neveu adoptif de Jules César, empereur romain. Arrivé légitimement au pouvoir absolu, il se demande néanmoins s'il devrait abdiquer pour rendre à Rome son statut de république.

Cinna. Favori d'Auguste, il se considère pourtant comme son ennemi en tant que petit-fils de Pompée, l'adversaire malheureux de César lors de la guerre civile, qui avait péri assassiné. En fait, la conjuration qu'il organise contre son protecteur résulte surtout de la volonté de vengeance de celle qu'il aime, Emilie
.
Emilie. Fille de Toranius, ancien tuteur d'Auguste éliminé lors d'une purge, elle veut absolument tirer vengeance de l'empereur, qu'elle considère comme l'assassin de son père, et alors même qu'il l'a finalement adoptée. Elle compte utiliser l'amour que lui porte Cinna (et qu'elle partage) pour accomplir son but, en se refusant à celui-ci tant qu'il n'aura pas tué Auguste.



Maxime. Conseiller d'Auguste. À la fois ami et rival de Cinna, il participe à la conjuration surtout par amour pour Emilie, et son manque de conviction profonde le poussera à trahir ses associés.


Livie. Femme d'Auguste. Elle n'apparaît que très brièvement à la fin de la pièce pour livrer une vision prophétique de la gloire de l'empereur.
Fulvie. Confidente d'Emilie.
Polyclète. Affranchi d'Auguste (ancien esclave libéré resté au service de son maître).

Evandre. Affranchi de Cinna.

Euphore. Affranchi de Maxime



Résumé : Cinna ou la Clémence d’Auguste de Corneille (1641)

Émilie, fille de Toranius, aspire à venger la mort de son père, tuteur d’Auguste, et proscrit par lui durant le triumvirat. Cinna, petit-fils de Pompée, aime Émilie, et, pour lui plaire, trame contre Auguste une conjuration dans laquelle il fait entrer les plus illustres républicains échappés aux proscriptions. Il vient rendre compte à Émilie de l’état de cette conjuration, dont il est le chef avec Maxime, lui annonce que tout est prêt, et que dès demain le tyran doit tomber sous leurs coups. À peine finit-il ce récit, qu’un ordre arrive, pour lui et pour Maxime, de se rendre chez l’empereur. La conjuration est découverte, on n’en saurait douter. Néanmoins, il n’y a pas à hésiter, il faut aller à ce redoutable rendez-vous ; ils s’y rendent. Là, ils ne tardent pas à reconnaître que leurs alarmes étaient vaines : le prince, fatigué du pouvoir, des travaux qu’il lui impose, des dangers qu’il lui suscite, désire rentrer dans la vie privée. Il a voulu auparavant consulter Maxime et Cinna sur un acte aussi important, et il leur demande leur avis. Cinna lui conseille de garder l’empire ; Maxime l’en dissuade. Cinna insiste, en disant que Rome ne peut être heureuse qu’avec un maître. Auguste cède à ce dernier avis, et sort pour en porter la nouvelle à Livie. Maxime, demeuré seul avec Cinna, lui demande pourquoi conspirant pour rendre la liberté à Rome, il n’a pas saisi l’occasion d’atteindre ce but en conseillant à l’empereur de quitter le pouvoir. Cinna lui répond qu’il ne faut jamais qu’un tyran demeure impuni, et que même l’abdication ne doit pas être pour lui un moyen de salut.
La main d’Æmilie doit être le prix de la mort d’Auguste. Maxime vient de l’apprendre, et comme il aime aussi Æmilie en secret, il voit que le succès de la conjuration livrera son amante à son rival. Alors la jalousie lui inspire l’idée de révéler la conjuration à l’empereur. Cependant Cinna, revenu de sa première fureur, et ayant réfléchi à la confiance et à la bonté qu’Auguste vient de lui témoigner, hésite à poursuivre son entreprise : il a honte d’immoler Auguste comme un tyran, après lui avoir conseillé de retenir l’empire. D’ailleurs par lui Rome est glorieuse et respectée. De plus, ce prince a pour Émilie des sentiments de père, il veut l’unir avec Cinna : est-il d’une belle âme de se montrer ingrate aux bienfaits ? Mais Émilie, loin de se sentir touchée de ces objections, se révolte à l’idée d’appartenir à Cinna par la volonté d’Auguste, et fait à son amant de si cruels reproches sur son changement de volonté, qu’il lui promet d’immoler le tyran, ainsi qu’il s’y est engagé ; mais il ajoute qu’ensuite, pour recouvrer l’honneur qu’il aura perdu par cette action, il tournera son épée contre lui-même.

Maxime a mis à exécution son idée de révélation. Euphorbe, son affranchi, a, suivant ses ordres secrets, dévoilé toute la conjuration à l’empereur. Auguste, irrité, hésite sur le parti qu’il prendra, s’il quittera le pouvoir, ou s’il sévira contre les coupables. Au moment où il flotte dans ces perplexités, Livie, sa femme, instruite de tout, lui vient offrir ses avis. Elle le dissuade de quitter l’empire, l’invite à essayer de la clémence, lui rappelle que la rigueur n’a servi jusqu’à présent qu’à faire naître conjuration sur conjuration, et que la douceur sera le meilleur moyen d’affermir son pouvoir. Mais Auguste, encore ému de colère, craint que s’il écoute ce conseil on ne l’accuse de faiblesse ; il sort sans avoir rien décidé, et Livie le suit.

Émilie sait déjà que la conjuration est découverte ; Maxime vient le lui confirmer. Il lui annonce qu’elle va être arrêtée, et en même temps lui propose de fuir. Elle réplique que tout conjuré doit mourir avec Cinna, et qu’elle leur en donnera l’exemple. Maxime alors lui avoue qu’il l’aime, et qu’il aspire à lui tenir lieu de Cinna ; mais la fière Romaine rejette ses vœux avec indignation, et Maxime, trompé dans son espérance, est au désespoir d’avoir trahi son ami.

Auguste, depuis son entretien avec Livie, revenu à des sentiments plus calmes, a mandé Cinna. Enfermé seul avec lui, il commence par lui rappeler les bienfaits dont il l’a comblé, la confiance qu’il lui a témoignée : « Et, pour m’en récompenser, ajoute-t-il, tu veux m’assassiner. » Alors, il lui détaille de point en point toute la conjuration. Cinna, atterré, avoue son crime. Émilie, suivant le dessein qu’elle a annoncé, veut partager le sort de son amant, et vient elle-même se dénoncer comme complice de Cinna. Auguste, cruellement affligé de cette nouvelle révélation, dompte néanmoins son juste ressentiment, pardonne à tous les coupables, et unit Émilie et Cinna.



Livre en PDF...http://www.theatre-classique.fr/pages/pdf/CORNEILLEP_CINNA.pdf

Corneille

Reçu avocat au parlement de Rouen en 1624, il achète deux offices. Mais c'est la carrière poétique et dramatique qui l'attire. Dès 1629, il fait jouer à Paris une comédie, Mélite, et, malgré Clitandre (1630-1631), tragi-comédie, il semble se consacrer au genre (la Veuve, 1631 ; la Galerie du Palais, 1631-1632 ; la Suivante, 1632-1633 ; la Place Royale, 1633-1634). Richelieu l'accueille parmi les cinq auteurs qui travaillent sous sa protection, mais Corneille reprend vite sa liberté, et, alors qu'il donne sa comédie la plus originale (l'Illusion comique, 1636), le succès de sa première tragédie, Médée (1635), infléchit sa carrière, confirmée par le triomphe du Cid.

Mais, si le public le suit, les « doctes » le boudent et suscitent une querelle littéraire qui ne sera close qu'en 1638 avec la publication des Sentiments de l'Académie sur le Cid.

Corneille se tait pendant trois ans et finalement s'incline. Il écrit des tragédies « régulières » (Horace, 1640 ; Cinna, 1641 ; Polyeucte, 1642 ;Rodogune, 1644 ; Héraclius, 1647 ; Nicomède, 1651), entrecoupées de comédies (le Menteur, 1643 ; Don Sanche d'Aragon, 1650).



Marié en 1640 avec Marie de Lampérière, Corneille a six enfants ; son deuxième fils sera tué en 1674 au siège de Grave-en-Brabant. Académicien en 1647, il renonce à ses charges d'avocat trois ans plus tard. En 1651, l'échec de Pertharite le décourage brutalement. Pendant sept ans, il ne s'occupe que d'une traduction en vers de l'Imitation de Jésus-Christ (1656)


Le théâtre grec

La tragédie grecque – une célébration publique :
Elles étaient représentées dans le cadre de concours dramatiques en l’honneur de Dionysos, reconnu par les Grecs comme le dieu du théâtre : à l’origine, le mot tragédie désigne le  » chant du bouc  » que l’on sacrifiait au dieu. Trois grandes fêtes étaient organisées : les Lénéennes, les Dionysies rurales et les Dionysies urbaines ou  » Grandes Dionysies « . Chacune correspondait à un type de célébration particulier, mais c’est surtout la dernière qui était de grande envergure et où la tragédie avait une part privilégiée. Elle participa à la renommée d’Athènes dans le monde grec.

Les Grandes dionysies, voulues par Pisistrate, se déroulaient sur plusieurs jours et avaient lieu à la fin du mois de mars, c’est-à-dire à une période de renouveau de la nature et où Athènes voyait aussi revenir les voyageurs. Elles s’ouvraient, le premier jour, sur une grande procession solennelle en l’honneur de  » Dionysos « . Toute la cité y participait, jusqu’aux prisonniers, qui étaient relâchés sous caution ! Durant les deuxièmes et troisième jours, un concours de dithyrambes (poèmes lyriques à la louange de Dionysos) était organisé entre les chœurs d’hommes et de jeunes garçons des dix tribus de la cité. Enfin, au cours des quatre derniers jours,  un concours dramatique avait lieu, se divisant en trois jours consacrés à la tragédie, suivis d’un dernier consacré à la comédie.

– La tragédie. Faisant jouer trois acteurs face à un chœur, la tragédie évoque la destinée de l’homme et sa confrontation avec les Dieux. C’est à Athènes et lors du siècle suivant qu’elle va devenir le genre littéraire majeur, l’aspect politique prenant peu à peu le dessus sur le caractère religieux. Eschyle, Sophocle et Euripide en seront les principaux représentants au Vème siècle avant J.C.
Certaines situations se retrouvent dans la plupart des tragédies. Ce sont ce que l’on appelle des  » scènes typiques « , qui sont au nombre de trois :
la supplication : elle consiste en une prière adressée à une divinité ou d’une personne à une autre. Elle peut ne constituer qu’un élément d’une tragédie ou en être l’intrigue.
la reconnaissance : ce type de scène a été définie par Aristote dans saPoétique : c’est, selon lui,  » le renversement qui fait passer de l’ignorance à la connaissance, révélant l’alliance ou l’hostilité entre ceux qui sont désignés pour le bonheur ou le malheur « . C’est donc en quelque sorte un revirement de situation où la révélation- coup de théâtre concerne l’identité d’un personnage.
le récit de messager : le messager est un lien entre le monde extérieur et le monde où a lieu la tragédie. Il fait un récit de ce qu’il a vu et ce qu’il dit a valeur de vérité. Sa parole a une dimension épique, de part l’exagération, l’emploi de métaphores et d’antithèses : son intervention est un moment fort de le pièce.
– La comédie,  qui représente surtout les conflits familiaux. Elle se caractérise par des intrigues ayant toujours trait à la vie de la cité. Dans Les Acharniens, La Paixou Lysistrata, Aristophane prend parti pour la paix pour mettre fin à la guerre du Péloponnèse ; dans Les Guêpes, il dénonce les effets pervers des institutions judiciaires athéniennes. On évoque (souvent pour les brocarder) des personnalités contemporaines, qui peuvent même apparaître sur scène. Ainsi, le démagogue Cléon est ridiculisé à longueur de pièce par Aristophane (dans Les Babyloniens,Les Cavaliers, etc.) tandis que Socrate apparaît en personne dans Les Nuées.
Elle se compose canoniquement comme suit :
prologue où le héros est présenté ;
entrée en fanfare du chœur, qui chante et danse ;
au sens propre lutte : c’est un combat de gueule, un affrontement burlesque entre le héros et son ou ses adversaires, arbitrée par le coryphée (chef du chœur), qui s’achève par le triomphe du héros ;
intermède où le coryphée, rompant l’illusion théâtrale, s’adresse aux spectateurs pour délivrer un discours de politique générale ou plus prosaïquement faire la publicité de l’auteur, souvent aux dépens des concurrents :
divers épisodes où le héros célèbre sa victoire ;
sortie du chœur et triomphe du héros, dans une farandole endiablée.

L’inventivité de l’auteur prime avant tout, et le public, à l’origine fait de paysans et vignerons réunis pour les Dionysies rurales, ne fait guère le délicat : plaisanteries obscènes ou scatologiques, caricatures grossières, accessoires phalliques, tout lui est bon. L’illusion comique reste faible, les protagonistes faisant souvent ouvertement allusion aux divers « trucs » de théâtre : Trygée, héros de La Paix, volant vers l’Olympe monté sur un bousier, supplie le machiniste manœuvrant la grue de faire attention. Dicéopolis, héros des Acharniens, suggère à Euripide d’emprunter l’eccyclème pour apparaître sans sortir de chez lui : cette sorte de plateau horizontal, demi-circulaire et mobile, tournant autour d’un pivot vertical dans le mur du fond du théâtre, était destiné à montrer ce qui se passait à l’intérieur d’une maison.
Les acteurs portaient un costume et un masque, même si ce n’est pas un masque de tragédie, mais de comédie. Ce dernier, en cachant le visage, permettait les changements de rôle ainsi que l’identification rapide des personnages. Le costume était constitué d’une robe à manches longues, qui descendait jusqu’aux pieds et était richement brodée et décorée. Les acteurs portaient des sandales ( à ne pas confondre avec les cothurnes, ces chaussures à hautes semelles destinées à grandir les acteurs, mais qui n’existaient pas au cinquième siècle).


Le déroulement de l’action n’est pas très réaliste car la machinerie est très rudimentaire. Cependant un certain nombre de dispositifs mécaniques concouraient à l’intelligence de la pièce : l’encyclème, qui amenait sur la scène des personnages censés être à l’intérieur de la maison ; une machine (mèkanè – machina en latin) mise en mouvement par une poulie et une corde , permettait à un personnage de monter au ciel (cf. Médée) ou à un dieu d’apparaître pour réciter une tirade (d’où l’expression « deus ex machina » qui signifie l’intervention soudaine d’un dieu dans l’action) ; le bronteion, baril plein de pierres qui roulaient sur une feuille de métal pour imiter le bruit du tonnerre, etc.

jueves, 25 de febrero de 2016

L'âge d'or du théâtre / PIERRE CORNEILLE, LE CID

PIERRE CORNEILLE, LE CID



Pierre Corneille redonne à un théâtre qui avait trop tendance à l'introspection non seulement un élan de jeunesse, de vivacité et de poésie mais une réelle force dramatique par le sens du mouvement, du langage et ce côté baroque qu'il n'a cessé de chérir. C'est peut-être le seul dramaturge français de son époque à s'être essayé à tous les genres. Par ses trouvailles scéniques, son goût de l'effet, on peut le considérer comme le précurseur du drame romantique.

L'âge d'or du théâtre en France


À la Renaissance, le théâtre demeure populaire. Sous l'influence de la culture gréco-latine, des dramaturges comme Étienne Jodelle, Jean de La Taille, Jacques Grévin produisent des tragédies imitées de Sénèque. En 1583, Robert Garnier avec les Juives donne à ce genre un élan nouveau mais, malgré un certain rythme dramatique, son œuvre demeure proche de celle de Sénèque. L'engouement pour les pièces espagnoles et la grande vogue de la poésie italienne font naître le ballet. C'est à travers la tragi-comédie que des dramaturges comme Antoine de Montchrestien avec Sophonisbe (1601), Jean Mairet et Tristan L'Hermite avec Marianne(1636), essaient de franciser la comedia espagnole.


Richelieu fait construire une scène dans le palais Cardinal. L'Académie se passionne aussitôt et étale sa « fureur de raison », voulant régler, codifier et arbitrer l'art dramatique, d'après de simples remarques d'Horaceet d'Aristote qu'elle érige en véritables dogmes. C'est alors que naît la règle des trois unités. On a tort de dire que ces règles ont été imposées par l'Académie car elles sont aussi nées du besoin de simplifier la technique et de rendre possible la représentation malgré le manque d'espace scénique. L’unité de temps (24 heures) évite de faire des scènes nocturnes qui posent des problèmes d'éclairage ; l’unité de lieu supprime les changements de décor, évitant ainsi les interruptions et les bévues techniques ; l’unité d'action, enfin, où toute péripétie est reléguée dans la coulisse, donne une importance sans égale au discours. Néanmoins, le goût du baroque garde sa vigueur avec Jean de Rotrou et Thomas Corneille, le ballet à l'italienne et l'opéra ayant pour scénariste Philippe Quinault.

sábado, 20 de febrero de 2016

Blog Jean Racine


Blog Jean Racine
http://jeanracinelitterature3.blogspot.com/

William Shakespeare (1564-1616)

Ces théâtres publics sont constitués d''une cour intérieure à ciel ouvert avec des galeries superposées qui l''entourent. Constituant l''auditorium, la scène surélevée et amovible et est adossée à un mur. Des piliers supportent le toit de la scène destinés à cacher certains mécanismes.

Deux portes permettant le passage de l''arrière-scène aux coulisses, servent aux acteurs pour leur entrée ou leur sortie.
Lorsqu''une représentation doit avoir lieu, un drapeau est alors positionné en haut d''une tour au-dessus du théâtre et lorsque la représentation commence une personne joue de la trompète.

Certaines auberges sont également aménagées pour recevoir des représentations dans leur cour intérieure. Il existe aussi des théâtres particuliers qui accueillent troupes et spectateurs en soirée dans des salles couvertes.

Dans les théâtres publics le jeu des acteurs est difficile. En effet, la grandeur de la scène les oblige à une diction et une gestuelle adaptée pour capter les spectateurs.

Les plus célèbres d’entre eux sont Richard Burbage qui joue les pièces de Shakespeare, et Edward Alleyn. Comme les décors sont très sobres, les textes comprennent des répliques descriptives. On parle alors d''hypotypose.

De plus les acteurs ont souvent des costumes attrayants et les représentations comprennent musique, danses et acrobaties pour faire oublier le dénuement des décors.

Tellement appréciés, les acteurs des théâtres publics jouent dans la province anglaise, mais également en Scandinavie et dans l''empire germanique.
A la fin du XVIème siècle, les anglais affectionnent le théâtre et y assistent au moins une fois par semaine.

Les œuvres les plus réputées de cette époque sont celles de Shakespeare qui mélange classique et folklore populaire. Son succès est immense et il aura une grande influence.
A sa mort Jonson, acteur également, dira de lui:

"Il n''était pas d''une époque, mais de toutes les époques"

La tragédie



La tragédie est un genre théâtral (le tragédie est un registre) a été inventée par les Grecs. Les héros tragiques étaient alors les rois, des princes ou des personnages issus de la légendé et de l´épopée. La tragédie est un drame, c’est-à-dire une action, une imitation (mimésis) de la vie des hommes sur une scène de théâtre.

Selon les Grecs, l´art imite le réel. Il existe deux façons d´imiter le réel :
Par le récit raconte (c´est la diegesis)
Par la représentation de personnages agissant (c´est la mimesis)

La première façon d´imiter la réalité peut être l´épopée, la fable ou encore la roman.
La tragédie est donc une forme théâtrale qui, selon Aristote, est « l´imitation faite par des personnages en action et non par le moyen d´une narration.
Le spectacle tragique agit comme une mise en garde : il montre ce qui arrive a des personnages qui tombent dans le malheur.
Cependant, il arrive qu´une tragédie se termine bien. On appelle alors une tragi-comédie.

Les héros tragique

Le personnage tragique est toujours de haute condition. La tragédie grecque emprunte ses personnages dans le cercle très restreint de quelques grandes familles (les Labdacides, les Atrides).
Les personnages sont donc des rois, des princes, des chefs de guerre ou grands seigneurs, etc.


Si les héros n´est ni bon ni mauvais, « il faut que ce soit un homme qui par sa faute devienne malheureux ».

Les règles de la comédie


Les règles de la comédie

Reprenant Aristote, les dramaturges du XVIIe siècle ont codifié la comédie ; mais durant les siècles suivants, les auteurs s'affranchissent de ces normes strictes.
Des personnages de condition moyenne
La comédie met en scène des personnages principaux appartenant au peuple ou à la bourgeoisie. Ces personnages, dont beaucoup sont des types hérités de la tradition, se définissent par leurs rôles (de père, de valet, de jeune amoureux, etc).

 Une intrigue inventée

Contrairement à la tragédie qui reprend des mythes ou l'Histoire, l'intrigue de la comédie doit être inventée par l'auteur. Son action se développe en un, en trois ou en cinq actes ; son déroulement est ponctué de péripéties et de coups de théâtre et son dénouement est heureux puisque les héros réussissent à résoudre les conflits apparus au cours de leur existence.

 Les règles d'unité


La comédie classique se conforme à plusieurs règles. Elle doit mettre en scène une action principale (unité d'action), se dérouler en moins de vingt-quatre heures (unité de temps) et dans un seul endroit (unité de lieu). De même, elle ne doit pas mélanger les genres, c'est-à-dire comporter, par exemple, de moments tragiques (unité de ton).

La Comédie

La Comédie


La comédie est un genre très diversifié et n’a pas de définition précise : c’est généralement une pièce mettant en scène des gens ordinaires, écrite de manière plaisante, voire drôle, et qui finit bien… La comédie est aussi née à Athènes, peu après la tragédie. Elle ridiculise d’abord les gens connus de la cité, mais évolue pour traiter de façon plaisante, souvent comique, les relations humaines : conflits entre les parents et les enfants, entre les esclaves et les maîtres. Ce type de comédie se répand dans les cités de l’antiquité grecque, puis romaine, avant de s’éteindre avec la désintégration de l’empire romain. Au Moyen Âge, apparaissent les farces : de courtes pièces populaires à l’humour volontiers physique où, habituellement, un personnage tente d’en tromper un autre. 

À la Renaissance, on redécouvre la comédie antique et, avec l’influence de la farce, naît la comédie telle qu’on la connaît aujourd’hui. Elle bénéficie rapidement de deux influences majeures ; d’abord, la commedia dell’arte développe les intrigues et définit des personnages typés. Puis Molière la structure autour d’une intrigue stricte, met le rire de l’avant (et non seulement ce qui est plaisant) et, surtout, utilise comme principal élément comique les travers psychologiques des personnages.

Les Grandes Époques du Théâtre

Les Grandes Époques du Théâtre

Le théâtre est né au V siècle avant J.C. à Athènes, en raison que les citoyens ont cessé d’adorer leurs dieux et commencent à développer sa pensée, a raisonner et donc  la naissance de la philosophie cela a aidé la naissance de la démocratie.  D’autre coté le théâtre est conçu comme un moyen de communication par conséquence les citoyen étaient obligés à assister aux représentations de théâtre qui avaient lieu dans les grandes fêtes religieuses.  Les grecs créent la tragédie qui traitait des problèmes graves  et un des plus grands auteurs a été  Sophocle. D’autre part, la comédie est née la comédie pour rire les personnages connus.
En second lieu, on a vu le théâtre du moyen âge. Dans cette époque la pensé était dominée par la fois et non par le savoir. Le théâtre médiéval a été créé pour les occasions religieuses. La forme la plus spectaculaire de théâtre était le <<mystère>>  qui durait plusieurs jours et racontait depuis l´histoire d’Adam et Ève jusqu’au jugement dernier.
Puis au Japon le théâtre conservait quelques caractéristiques traditionnelles. A la fin du XIV siècle nait le <<no>> une forme de comédie chantée après au XII siècle nait le <<Kabuki>>  une forme de théâtre plus spectaculaire qui présentait les aventures des guerriers. Finalement, apparait le <<bunraku>> un théâtre avec des marionnettes.

En l’Angleterre se développe le théâtre élisabéthaine  grâce au pouvoir économique, l’Angleterre a beaucoup grandi dans tous les domaines et le théâtre est devenu très populaire, le rythme de l’action est rapide, il n’y a pas de décor, l’utilisation d’un langage poétique et l’amour prend un rôle principal. Shakespeare a été l’auteur le plus important de cette époque-là. 
Par autre côté, l’Espagne qui était le pays le plus puissant de l’Europe. Cette période surnommé le siècle d’or marqué pour une grande créativité qui lui a donné la vie a grandes œuvres comme Don Quichotte et le théâtre était très accepté par la société. Le genre plus populaire était la <<comedia>>  qui étaient des drames philosophiques et les vies de personnages célèbres. 

En France au XVIII siècle les artistes sont convaincus de la grandeur de son culture semblable à ce de la culture gréco-romaine. Pour s’assurer que les ouvres présentées seraient nobles les artistes éditaient les règles  par exemple l’utilisation de verses dans la comédie et la tragédie. Les    auteurs les plus importants étaient corneille et Racine (tragédie) et Molière (comédie) .

Dans le romantisme les règles classiques ont été laissées d’un côté et a valoriser <<l’inspiration>>  pas l’inspiration gréco-romain et on privilège les légendes populaires. Le théâtre souhaitait montrer  le fonctionnement du monde.


Apres de la guerre apparait un nouveau théâtre <<le théâtre de l’absurde>>.

miércoles, 17 de febrero de 2016

le Misanthrope, comédie

Avec Le Misanthrope, Molière rompt avec un certain type de comique inspiré de la farce. La comédie d’intrigue qui jusqu’alors l’a le plus inspiré est écartée. Est-ce à dire que Molière ne cherche plus à faire rire ? Telle est la lecture qu’on a souvent proposée de la pièce. Rappelons nous la phrase de Musset sur Le Misanthrope « que lorsqu’on vient d’en rire, on devrait en pleurer ». C’est une comédie de moeurs épurée de toute compromission avec la farce, et Boileau écrira à propos du Molière des Fourberies de Scapin, « je ne reconnais plus l’auteur du Misanthrope ». Comédie de moeurs et réécriture du type du jaloux.

Le Misanthrope est une comédie de caractère, qui apporte éclairages et développements sur les motivations et les traits moraux d’un personnage. Dans le cas du Misanthrope, on se heurte d’emblée à un paradoxe. Un misanthrope est un homme qui déteste la compagnie de ses semblables. Molière n’est pas le premier à s’intéresser à un tel caractère, qui apparaît chez Térence, chez Aristophane, chez Plutarque, chez Shakespeare. Mais l’originalité de Molière est de l’avoir placé au centre du salon d’une coquette qui régente la vie élégante de son temps. De plus, notre misanthrope est « atrabilaire » c’est-à-dire la proie d’un dérèglement des humeurs, dominées par la bile noire qui prédispose à l’isolement, à la tristesse et à la mélancolie érotique (jalousie ou folie d’un amour insatisfait). Dans les faits, Alceste est davantage colérique que mélancolique. Paradoxalement, l’atrabilaire est aussi amoureux.

Avec Le Misanthrope, Molière s’éloigne de la farce, mais aussi de la comédie d’intrigue qu’il affectionne. Les personnages, à l’exception de Célimène et d’Eliante, ne sont pas liées par des relations familiales - hapax dans toute la production molié-resque - mais par des relations d’amour ou d’amitié construites autour de Célimène et d’Alceste. De même, les noms des personnages appartiennent tous à un même registre romanesque et galant ; ce qui suppose entre eux une égalité de condition. Le Misanthrope s’inscrit davantage dans la tradition des comédies de moeurs, c’est-à-dire l’étude du comportement de l’homme en société qui s’appuie sur les différences de condition, de caractère et de comportement. Les paradoxes du caractère se retrouvent dans la construction de l’intrigue. Alceste confesse son « faible ». Il est amoureux d’une jeune coquette qu’il veut contraindre à l’épouser et à quitter le monde. Mais des interruptions incessantes empêchent son dessein qu’il formule à la scène 1 de l’acte I en quatre résolutions : épouser Célimène, être sincère, fuir le monde et ne pas solliciter les juges dans son procès. En fait, ces interruptions sont agencées par Alceste lui-même, qui est son propre bourreau. La querelle avec Oronte l’éloigne de Célimène, son procès l’oblige à partir précipitamment à la fin de l’acte IV ; il quitte la scène avec Arsinoé à la fin de l’acte III et diffère la conversation avec Célimène.

Autre paradoxe : Alceste, misanthrope, est toujours accompagné et jamais ne quitte seul la scène. Alceste s’inscrit dans la lignée des personnages du jaloux, jaloux comique comme Sganarelle, et jaloux tragique comme Dom Garcie de Navarre. Le jaloux de la farce est un barbon, un mari obsédé de soupçons imaginaires, qui professe comme l’Arnolphe de L’Ecole des femmes des diatribes contre le monde, dont il a tout à redouter. Le jaloux est un doctrinaire assuré d’avoir raison. La querelle du doctrinaire et du raisonneur sert d’acte d’introduction au Misanthrope, et Philinte de montrer à Alceste combien son ridicule donne partout la comédie. Mais contrairement aux jaloux de la farce ou d’autres comédies, la bizarrerie d’Alceste est tou- chante, et attire l’amitié de Philinte, l’amour de Célimène, l’estime d’Oronte qui l’élit pour son caractère singulier, celle d’Arsinoé et d’Eliante, la sincère Eliante qui fait l’éloge de sa sincérité « noble et héroïque ». Ces qualificatifs désignent la grandeur morale mais aussi sociale et générique du personnage qui se rattache davantage à la seconde catégorie de jaloux, le jaloux de la tragi-comédie, Dom Garcie de Navarre.

 Molière, avec Le Misanthrope de réécrire complètement le type du jaloux ébauché avec Dom Garcie de Navarre, qui s’inscrit dans le genre tragi-comique. La pièce essuie un échec cuisant. En effet, le jaloux porte normalement à rire. C’est du moins ainsi que le conçoit la farce. Or le personnage du Prince ne peut être ridicule en tragédie où il ne peut apparaître que dans son rôle politique et où l’intrigue amoureuse est secondaire. Dans Le Misanthrope, Molière reprend des tirades et des situations entières à cette pièce, mais ce qui y est ridiculisé, c’est le ton d’Alceste et non pas son bon droit. Alceste accuse à juste titre mais son langage est disconvenant par rapport au code galant auquel il veut s’attaquer. On frôle alors le burlesque. Comme Dom Garcie avec Elvire, Arnolphe avec Agnès, Alceste rêve de voir Célimène réduite à rien pour être en droit de la faire exister de sa propre générosité. Le jaloux ne fonctionne pas tout seul. Il a besoin de l’autre et des autres. Et la triade qu’il forme avec l’être aimé et le reste de la société évolue. Ainsi, alors que Sganarelle (Ecole des maris) et Arnolphe (Ecole des femmes) étaient confrontés à un objet socialement dépendant d’eux et en passe de conquérir son indépendance, Alceste se trouve face à une veuve, c’est-à-dire une femme indépendante, liée à lui, mais qui conserve son indépendance en distribuant égales faveurs à tous ses amants. Alceste est plus exigeant qu’Arnolphe et Sganarelle. Là où les barbons étaient prêts à se contenter du corps, puisque le coeur était pris, Alceste veut s’emparer du coeur et de l’âme, et aimerait n’avoir qu’à paraître pour vider le salon de Célimène. Mais il est obligé d’en passer par le désir de Célimène.

La situation comique est complexe du fait que les personnages sont égaux et libres. Célimène assume son indépendance par sa coquetterie. Elle est d’autant plus hors d’atteinte qu’elle est innocente, et consciente du double jeu qu’elle mène : elle réduit Alceste à la confusion de sorte de n’avoir jamais à faire la preuve de son innocence. Cela provoque un effet d’étonnement, un comique du revirement et de la contre-attente. Alceste se conduit au contraire de ce qu’on attendrait. Dans une perspective morale, on pourrait lire la pièce comme l’histoire d’un jaloux dans son bon droit, bafoué par une coquette hypocrite qui l’oblige à demander pardon.

Dom Juan - La Comédie-Française



Le Tartuffe ou l'Imposteur

Le Tartuffe ou l’Imposteur est une comédie en cinq actes (comportant respectivement 5, 4, 7, 8 et 7 scènes) et en vers (1 962 alexandrins) de Molière représentée pour la première fois au château de Versailles le 12 mai 1664 dans le cadre des quatre jours de jeux et de spectacles qui avaient prolongé les trois grandes journées de fête intitulées Les Plaisirs de l'Île enchantée. Elle ne comportait alors que trois actes.

On a longtemps cru que Molière l'avait écrite en réaction aux agissements de la Compagnie du Saint-Sacrement, mais on sait aujourd'hui que cette influence a été considérablement exagérée par les historiens anticléricaux de la fin du xixe et du début du xxe siècle1. En fait, dans la mesure où les dévots qui étaient présents à la Cour critiquaient le libertinage des mœurs (et les amours adultères du roi), le luxe, les fêtes, la politique de prestige et même la politique extérieure du royaume[réf. nécessaire], Molière a été tenté, après avoir fait la satire de la conception traditionnelle (et donc catholique) du mariage dans L'École des femmes, de lancer une satire de la dévotion. En proposant un spectacle dans lequel les dévots sont présentés soit comme des ridicules (Orgon) soit comme des hypocrites (Tartuffe), il savait qu'il obtiendrait l'approbation du roi, les applaudissements de la plus grande partie de la Cour et les rires de l'aristocratie mondaine, qui était la partie influente de son public dans son théâtre du Palais-Royal2.


Louis XIV, qui avait applaudi la pièce à Versailles, dut se résoudre à interdire à Molière d'en donner des représentations publiques, à la demande de l'archevêque de Paris, Hardouin de Péréfixe, son ancien précepteur[réf. nécessaire] : l'Église et les dévots accusaient Molière d'impiété et lui reprochaient de donner une mauvaise image de la dévotion et des croyants. Après un premier placet adressé au roi pour défendre sa pièce et accuser ses ennemis de ne pas être de vrais dévots, mais de dangereux hypocrites, Molière entreprit de la remanier pour la rendre moins provocante, tout en composant et créant plusieurs autres pièces célèbres : Le Festin de pierre (Dom Juan) en 1665, qui connaîtra six semaines de triomphe avant de tomber dans l'oubli3 ; puis Le Misanthrope ou l'Atrabilaire amoureux en juin 1666 (la pièce avait été entreprise au début de 1664, parallèlement au Tartuffe), puis plusieurs autres divertissements, pastorales et comédies (dont L'Avare en 1668). Une deuxième version en cinq actes, jouée le 5 août 1667 sous le titre de L'Imposteur avec l'accord du roi[réf. nécessaire], fut aussitôt interdite en l'absence de Louis XIV (qui faisait alors le siège de Lille). Malgré les plaidoiries de Molière (il écrivit alors un deuxième placet), ce n'est qu'en 1669, au lendemain de la signature de la « Paix de l'Église » qui, apaisant les tensions religieuses, redonnait les coudées franches à Louis XIV, que la pièce — désormais appelée Le Tartuffe ou l'Imposteur — fut autorisée à être jouée régulièrement au théâtre du Palais-Royal et connut un immense succès : du 5 février au 9 avril, date de la clôture annuelle du théâtre pour la Semaine sainte, la troupe donna 28 représentations consécutives de la pièce, sans compter six visites, dont une chez la reine4. Molière en profita alors pour écrire un troisième placet triomphateur.

martes, 16 de febrero de 2016

TARTUFFE de Molière




L'École des femmes (Molière)




les précieuses ridicules comédie française


l'Impromptu de Versailles, comédie


Molière, auteur, directeur de troupe, metteur en scène ainsi qu'acteur, dirige la répétition d’une de ses pièces qui doit être jouée dans quelques heures devant le roi. Les acteurs sont mécontents, car ils n’ont pas eu le temps d’apprendre leurs rôles. Ils reprochent à Molière de n’avoir pas fait plutôt une parodie des acteurs de l’Hôtel de Bourgogne qui les avaient critiqués.

Molière s’amuse à en caricaturer quelques-uns avant de vouloir reprendre la répétition et de guider ses acteurs (Scène I), lorsqu’un fâcheux vient imposer sa présence. Celui-ci accepte enfin de s’en aller en disant qu’il va prévenir le roi que la troupe est prête à jouer. (Scène II)

La répétition peut enfin débuter. Molière et La Grange jouent deux marquis, chacun estimant que c’est l’autre qui a été visé dans La Critique de l'école des femmes. Ils prennent à témoin un tiers, Brécourt, qui tient l’emploi d’un raisonneur. Puis c’est le tour de Mlle Du Parc et de Mlle Molière de caricaturer une prude et une femme d’esprit satirique, tandis que Du Croisy joue un poète jaloux et Mlle de Brie une coquette.

Mais la répétition s’interrompt encore, les acteurs affirmant qu’ils ne sauraient jouer leurs rôles en aussi peu de temps (fin Scène V). L’affolement gagne toute la troupe quand on leur apprend que le roi est arrivé et demande à les voir jouer. (Scène VI à X)

Fort heureusement un dernier messager leur apprend que le roi a appris leur embarras et leur accorde un répit. (Scène XI, finale)

l'École des femmes, comédie.

L’École des femmes est une comédie de Molière en cinq actes (comportant respectivement quatre, cinq, cinq, neuf et neuf scènes) et en vers (1779 dont 1737 alexandrins), créée au théâtre du Palais-Royal le .
La pièce, novatrice en ce qu'elle mêlait de manière alors inédite les ressources de la farce et de la grande comédie en vers, fut un immense succès, et suscita une série de débats connus sous le nom de « Querelle de L'École des femmes. » Cette querelle, habilement exploitée par Molière, lui donna l'occasion de répondre aux critiques qui lui avaient été adressées et de préciser son projet dramatique dans une comédie intitulée La Critique de l'École des femmes, représentée sur la scène du même théâtre au mois de juin de l'année suivante.
  • Préface - Molière explique que cette pièce de théâtre a été « frondée » lors de sa parution. Mais peu après, l'« échec » a fait place au succès. Il espère que ses autres pièces feront de même.
  • Acte I - Arnolphe, qui vient de changer son nom en celui, plus aristocratique, de « M. de La Souche », est un homme d’âge mûr qui aimerait jouir du bonheur conjugal ; mais il est hanté par la crainte d’être trompé par une femme. Aussi a-t-il décidé d’épouser sa pupille Agnès, élevée dans l’ignorance, recluse dans un couvent. Il fait part de ses projets à son ami Chrysalde, qui désapprouve la façon dont la jeune fille a été maintenue dans l'ignorance. Arnolphe rencontre ensuite Horace, fils d’Oronte (un autre de ses amis), qui est tombé amoureux d’Agnès au premier regard, ce qu'il confie sous le sceau du secret à Arnolphe dont il ignore à la fois le rôle de tuteur et le changement de nom. Horace explique qu'il a pu courtiser la jeune fille et raille ce « M. de La Souche » qui la retient prisonnière.
  • Acte II - Arnolphe réprimande Alain et Georgette, ses serviteurs, pour avoir permis à un jeune homme de rencontrer sa pupille. Il interroge ensuite Agnès afin de découvrir ce qui s’est précisément passé lors de cette entrevue. Le récit que lui fait la jeune fille le rassure : sa réputation n’a pas été entachée. Mais il décide de précipiter le mariage. Agnès, croyant que son futur mari est Horace, lui exprime sa gratitude, mais Arnolphe la détrompe sans ménagements.
  • Acte III - Arnolphe inculque à sa future épouse les rudiments des devoirs conjugaux, sans oublier les terribles effets de l’infidélité. Agnès semble se résigner à ce triste avenir. Horace rencontre le tuteur qui savoure déjà la déconvenue du jeune homme : les serviteurs lui ont refusé une nouvelle visite, et la belle l’a renvoyé en lui lançant une pierre… à laquelle était joint un mot d’amour. Lorsqu'il l'apprend de la bouche d'Horace, Arnolphe enrage et comprend, par la jalousie qu'il éprouve, qu'il aime la jeune fille.
  • Acte IV - Au cours d'un long monologue, Arnolphe dévoile sa volonté de se battre jusqu'au bout pour l'amour d'Agnès. L'entrevue qu'il a avec le notaire, à la suite d'un quiproquo, se solde par un report du mariage. Arnolphe insiste auprès d'Alain et Georgette pour qu'ils repoussent toute démarche d'Horace. Nouvelle rencontre entre le tuteur et le galant, au cours de laquelle celui-ci lui apprend qu’il a réussi à s’introduire dans la maison, mais que l’arrivée impromptue de M. de La Souche a obligé Agnès à le cacher dans une armoire. En outre, il lui confie qu’il a un rendez-vous pour le soir même et qu’il projette de s'introduire dans sa chambre. Malgré les conseils de sagesse prodigués par Chrysalde, Arnolphe, plus que jamais déterminé dans ses projets, donne des instructions drastiques à ses serviteurs qui doivent refouler le jeune prétendant à coups de bâton.
  • Acte V - Horace rencontre à nouveau Arnolphe et lui explique qu'il est tombé dans le guet-apens tendu par ses serviteurs, et qu'il n’a eu d’autre choix que de faire le mort pour éviter d'être roué de coups. Mais Agnès, qui l'a rejoint, s’est enfuie avec lui. Horace, qui ignore toujours l’identité de ce dernier, demande à Arnolphe d’héberger et de protéger la jeune fille. Lebarbon triomphe : il a récupéré Agnès, et lui tient un discours exalté sur l'amour qu'il lui porte, qui ne rencontre que l'indifférence de la jeune fille. Entrée d’Oronte, le père d’Horace, qui veut unir son fils à la fille de son ami Enrique, de retour des Amériques, après un long séjour. Horace, demande à Arnolphe d'intercéder en sa faveur auprès de son père, mais le barbon, dévoilant alors son identité, presse le père du jeune homme de ne pas tenir compte des désirs de son fils et de s'en faire obéir. Il s’avère qu’Agnès est la fille d’Enrique ; les amants vont pouvoir se marier, au grand désespoir de l’ex-tuteur qui s'en va, égaré, en prononçant un dernier mot.

LES OEUVRES DU MOLIERE

les Précieuses ridicules, comédie.

Les Précieuses ridicules est une comédie en un acte et en prose de Molière, représentée pour la première fois à Paris le au théâtre du Petit-Bourbon. La pièce était donnée en deuxième partie, après Cinna de Corneille. Peu représentée du vivant de Molière, Les Précieuses ridicules connut pourtant un succès considérable, qui se manifesta par l'apparition d'une mode littéraire nouvelle, la satire des « précieuses » et de la « préciosité », termes popularisés par la pièce de Molière, et dont la réalité du phénomène qu'ils désignent est aujourd'hui considérée comme problématique.

Deux jeunes gens, La Grange et Du Croisy, sortent de chez Gorgibus, un bourgeois de province récemment arrivé à Paris. Ils sont très mécontents de l'accueil méprisant que leur ont réservé Magdelon et Cathos, respectivement fille et nièce du vieillard. La Grange explique à son ami la manière dont il entend se venger des trop fières jeunes filles : en leur faisant rencontrer Mascarille, son valet, « un extravagant qui s'est mis dans la tête de vouloir faire l'homme de condition ». (scène 1)
Découvrant que les deux jeunes gens sont mécontents de leur visite, Gorgibus, afin d'en comprendre la raison, fait appeler Magdelon et Cathos, qui sont occupées à se mettre « de la pommade pour les lèvres ». (scènes 2 et 3)
Alors que Gorgibus leur demande des explications sur leur comportement envers La Grange et Du Croisy, qu'il leur destinait pour maris, Magdelon et Cathos lui affirment qu'il est hors de question pour elles de se marier à des gens « incongrus en galanterie », et qu'elles veulent vivre une aventure galante et romanesque ressemblant aux romans de Mlle de Scudéry. Ne comprenant rien à leur discours, Gorgibus s'entête : il veut les marier le plus vite possible, ou sinon elles seront envoyées au couvent.(scène 4)
Une fois Gorgibus parti, Magdelon et Cathos s'entêtent dans leur rêverie en s'imaginant qu'elles ne sont pas réellement sa fille et sa nièce, et qu'« une naissance plus illustre » leur sera un jour révélée. Marotte, leur servante, annonce alors l'arrivée du « marquis de Mascarille », que les deux précieuses s'empressent de recevoir. (scènes 5 et 6)
Arrivée de Mascarille en chaise à porteurs. Refusant de payer les porteurs sous prétexte qu'on ne demande pas de l'argent à une personne de sa qualité, il accepte cependant très vite quand l'un d'entre eux le menace d'un bâton. Il attend Magdelon et Cathos qui se recoiffent. (scènes 7 et 8)
Mascarille rencontre Magdelon et Cathos et leur fait des compliments. Il leur promet de les présenter à « une académie de beaux esprits » ; il leur fait également part de ses propres talents en récitant et chantant un impromptu qu'il a composé, et qui est très admiré par les deux précieuses. Il leur fait également admirer ses habits, avant de se plaindre que son cœur est « écorché » par leurs regards. (scène 9)
Entre en scène Jodelet, présenté comme étant le «vicomte de Jodelet» par son ami Mascarille. Tous deux se complimentent sur leurs exploits à la guerre en montrant à Magdelon et Cathos leurs cicatrices. Ils décident alors de donner un petit bal à leurs hôtesses et leurs voisines. (scènes 10 et 11)
Entrent en scène les voisines et les violons pour le bal. Mascarille danse avec Magdelon et Jodelet avec Cathos. (scène 12)
La Grange et Du Croisy font irruption dans la pièce et frappent Mascarille et Jodelet, avant de repartir. Magdelon et Cathos sont choquées, mais Mascarille et Jodelet ne semblent pas vouloir se venger de l'affront. (scènes 13 et 14)
Retour de La Grange et Du Croisy, qui révèlent que Mascarille et Jodelet sont leurs valets, et leur font retirer leurs atours. Se rendant compte de leur erreur, les deux précieuses laissent éclater leur dépit. (scène 15)
Magdelon et Cathos se plaignent à Gorgibus de la « pièce sanglante » que l'on leur a jouée, mais Gorgibus réplique que c'est à cause de leur extravagance qu'une telle chose a pu se produire. Mascarille et Jodelet, ainsi que les violons, sont jetés à la porte, puis Gorgibus, en colère, voue les romans, vers, chansons, sonnets et sonnettes « à tous les diables ».