Après son mariage (1677) avec Catherine de Romanet, une
parente de son cousin Nicolas Vitard, et revenu lui-même à la religion de son
enfance, Racine vit en bon époux et en bon chrétien. Il exhorte ses sept
enfants à la piété la plus stricte et quatre de ses filles entreront dans les
ordres.
Négligeant désormais le théâtre que la cour, de plus en
plus dévote, voit d'ailleurs avec moins d'enthousiasme, Racine joue sans
hésiter son rôle d'écrivain thuriféraire du roi. Cela lui vaut, en retour,
d'être parmi les familiers de la cour, d'avoir un logis à Versailles, et ses
entrées dans le cercle privilégié que le roi réunit à Marly. En 1678, il suit
Louis XIV dans ses campagnes. Sa production d'historien reste cependant mince ;
on lui devra surtout un Éloge historique du Roi sur ses conquêtes (1684) et une
Relation du siège de Namur (1692). Réconcilié avec Port-Royal (il laissera un
Abrégé de l'histoire de Port-Royal, posthume), Racine entre en 1683 à
l'Académie des inscriptions et se trouve, avec Boileau encore, chargé de
préparer les inscriptions latines que le roi fait graver au-dessous des
peintures qui décorent Versailles. Il achète en 1690 une charge de gentilhomme
ordinaire de la chambre.
Durant cette période, Racine jouit également de la
protection de Mme de Maintenon. Celle-ci avait ouvert à Saint-Cyr une
institution pour jeunes filles nobles démunies. Afin de leur faire pratiquer le
chant, le jeu théâtral, et leur donner en même temps des divertissements
édifiants, elle commande au poète des tragédies religieuses. Racine revient
donc au théâtre mais à un théâtre d'inspiration sacrée : il écrit Esther, créée
à Saint-Cyr en 1689 en présence du roi et très appréciée du public de cour,
puis Athalie (1691).
Un zèle imprudent pour Port-Royal à une époque où la persécution
se faisait sentir le met en délicatesse avec Mme de Maintenon et en
demi-disgrâce à la Cour. Après avoir souffert d'un abcès au foie, Racine
s'éteint le 21 avril 1699. Louis XIV lui accorde la sépulture à Port-Royal.
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